Laissons parler la météo…

La parole est à la météo…

Le 09 décembre 2009 à Agadir s’est tenue la 1ère Agriconferences : conférence internationale sur la tomate du Maroc. Le volet technique de la conférence a mis en évidence la grande défaillance de nos abris serre face aux aléas climatiques.

La climatologie enregistrée depuis fin décembre a largement confirmé ce diagnostique. Plus de 600 mm de pluie enregistrés dans le Souss ont eu un impact considérable sur la production de tomate. 600mm (ce qui équivaut 6000 m3/Ha) se sont déversés sur le système végétatif des cultures, causant des dégâts allant jusqu’à l’arrachage des plantations. Plus de 1000Ha de culture ont été détruit, ce qui représente plus de 100 000 tonnes en moins à l’export !

Lors de l’Agriconference de décembre, Peter Klapwijk du cabinet Green Q a présenté une étude résultat de son expertise et d’une visite approfondie sur le terrain. Les recommandations tendent vers les objectifs suivants :

  • Une meilleure utilisation du climat
  • Une plus grande efficience dans l’utilisation de l’eau, des fertilisants, des pesticides et de la surface cultivée
  • Un faible risque de maladie
  • Une production plus importante
  • Une meilleure qualité des fruits
  • Un produit plus sain
  • Une meilleure position sur le marché
  • Une gestion active du climat de la serre

En prenant en considération les données climatiques ainsi que le niveau d’expertise des producteurs de la région Souss Massa Draa, P. Klapwijk préconise 5 scénarios possibles et progressifs pour passer d’une situation initiale de culture passive à une maitrise totale des facteurs de production dans la serre.

Article1a

 

Scénario n°1

Mode de culture traditionnel dans la région

Scénario n°2

Multi-chapelles avec couverture plastique, ventilation forcée, culture sur substrat

Scénario n°3

Serres verre type VENLO, contrôle du climat par ventilation forcée et culture sur substrat

Scénario n°4

Serre verre type VENLO, contrôle du climat par ventilation forcée, culture sur substrat et contrôle du climat par ordinateur

Scénario n°5

Serre semi-fermée, pratique de la plantation intercalaire, hors sol, chauffage, contrôle du climat par ordinateur cooling et injection de CO2

 

Résumé des 5 scénarios de production

 

Scénarios Production Brute au m² Pourcentage catégorie 1 Production Nette au m² Augmentation nette de la production
Traditionnel 29 kg 60 % 17,5 kg
Plastique + Substrat 33 kg 75 % 24,5 kg 40 %
Verre + Substrat 38 kg 75 % 28,5 kg 60 %
Verre + Substrat + chauffage 43 kg 85 % 37 kg 110 %
Serre semi-fermée + inter-plantation + substrat + Chauffage 86 kg 85 % 73 kg

400 %

(12 mois de production)

 

 

 

 

 

 

Cet itinéraire technique nécessitera d’importants investissements et un changement radical dans le management de l’exploitation. Mais il est certain que le passage du scénario 1 au scénario 2 s’avère nécessaire pour maintenir la position de la Tomate du Maroc sur les marchés à l’export. Le reste des scénarios ne peuvent être envisagés que dans le cas de subventions gouvernementales.

L’Etude technique de Green Q corrobore l’analyse faite par nombre d’organisation professionnelle marocaine sur l’obsolescence du parc d’abris serres actuel et l’urgence de son amélioration.

Le tonnage perdu cette année, outre qu’il représente un manque à gagner pour les agriculteurs montre clairement la fragilité de notre production face aux aléas climatiques. L’accroissement de notre production de tomate à l’export a jusqu’à l’année dernière bénéficié d’une période relativement sèche. Elle peut demain être victime d’un possible retour d’années pluvieuses connues par le passé. Dans ce cas, la seule alternative serait le passage à des serres permettant le contrôle du climat. Nos concurrents directs ont déjà à l’ordre du jour la reconversion de leurs serres vers des modèles similaires à ceux que nous avons exposés plus hauts.

Nous aurons le plaisir de vous détailler les différents scénarios pour l’amélioration de la production sous serre dans les prochains numéros d’Agriculture du Maghreb

Auteur : Green Smile

Publié dans Agriculture du Maghreb (ADM) n°42 Mars 2010

 

 

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Mohamed ZAHIDI-Green Smile

Agriconferences 2011 a connu un grand succès à en juger par le nombre de participants, dont la majorité est issue du monde de la production. Cette réussite s’explique aussi bien par la richesse du contenu de la conférence que par la qualité des intervenants.
Les présentations à caractère très techniques répondent à un réel besoin des producteurs qui veulent entamer une mise à niveau de leurs abris serres et passer à des structures plus perfectionnées.
Pour cela, ils ont besoin d’informations techniques pour orienter leurs choix et seuls des spécialistes dans le domaine de la construction de serres ou de l’expérimentation peuvent leur offrir des éclairages concrets. C’est la raison pour laquelle les présentations ont été très appréciées par l’assistance. A noter que les interventions de Tecnova, de Duroc, D’Esteban Baeza Romero pour Hortisud et de Thierry Boulard de L’INRA ont suscitées un réel écho auprès de l’assistance.

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Fonction de la serre Rendement et qualite

La serre permet de modifier le climat naturel et de l’adapter aux exigences physiologiques de la culture. Ainsi rendements et qualité s’en trouveraient optimisés. La serre doit, en outre, offrir des caractéristiques de solidité lui
permettant de supporter les charges (poids des plantes) et les surcharges (vents,
pluie, grêle ou neige éventuellement). De plus, le volume et l’espace de la serre doivent offrir un certain confort aux plantes et faciliter les façons
culturales et les travaux quotidiens d’entretien et de récolte.Climat spontane et climat modifié Climat naturel
Le climat spontané ou climat naturel n’est pas toujours conforme aux exigences physiologiques des plantes.
Le climat des zones de production de primeurs marocaines et du
souss-massa en particulier présente les contraintes suivantes :


En saison estivale : excès de lumière et de chaleur
En automne : déséquilibre lumière/chaleur
En hiver : basses températures nocturnes suivies de hautes températures diurnes (fortes amplitudes thermiques).
Au printemps : on retrouve les mêmes contraintes de la saison hivernale.

En outre, et durant tout le cycle de la plante, qui se déroule de juillet à juin de l’année suivante, l’hygrométrie à l’intérieur de la serre est soit trop faible soit trop élevée. Ces contraintes pèsent donc de tout leur poids sur le rende-ment, la
qualité des fruits et sur les risques de maladies (cryptogamiques essentiellement) et de ravageurs.
Modifications climatiques requises Les nouveaux types d’abris doivent d’abord permettre les modifications climatiques suivantes :


En été :ombrer et refroidir, de juillet à septembre.
En automne : refroidir et atténuer le déséquilibre lumière /chaleur (déséquilibre responsable de l’étiolement et l’emballement des plants.
En hiver : chauffer de nuit et refroidir de jour.
Au printemps : ombrer et refroidir de nouveau.


Dans tous les cas et en toutes saisons la serre doit être étanche vis-à-vis de la pluie afin d’éviter l’excès d’humidité du aux fortes précipitations prolongées, comme celles de l’année 2009/2010.

C’est d’ailleurs le point noir de l’abri traditionnel canarien, qui a clairement montré ses limites au cours des dernières campagnes Critères de choix pour les nouveaux types d’abris La maîtrise parfaite des contraintes climatiques évoquées plus haut n’est pas envisageable dans nos conditions. On ne peut, dans le contexte climatique qui est le notre, envisager le contrôle intégral de la température dans la serre compte-tenu de l’investissement en système de chauffage et des charges en énergie (gaz ou fuel).

Par contre, il est tout à fait dans les possibilités du producteur d’investir dans des dispositifs favorisant l’économie d’énergie.

Les types de serres métalliques multi-chapelles ou le modèle métallique ras-pa y amagado (canarienne améliorée) peuvent offrir des dispositifs d’aération, d’ombrage et d’humidification de l’ambiance,

tout en restant accessibles au producteur par leur niveau d’investissement.Pour améliorer le bilan thermique sans recourir à la solution coûteuse du chauffage, les dispositifs comme les écrans thermiques plus ou moins perfectionnés et
la mise en place de doubles parois peuvent faire gagner 2 ou 3 degrés (°c) en période froide.

Malheureusement, ils ne peuvent permettre d’assurer des niveaux de température au dessus du zéro végétatif de la tomate qui se situe autours de 9/10°c. Il faudra chercher des solutions en explorant la piste des systèmes de chauffage alternatifs solaires

dont certains modèles sont déjà proposés par le commerce.L’amélioration de la température nocturne de la serre permettrait également le contrôle de l’hygrométrie dans la serre.

On serait ainsi en mesure de prévenir les risques des maladies cryptogamiques (botrytis, mildiou, alterna-ria, oidium…) et de réduire le recours aux traitements systématiques.Autres fonctions de la serre Surcharges climatiques La serre doit aussi assurer des
fonctions comme la protection de la culture contre d’autres risques climatiques comme les tempêtes. On exigera de la structure de supporter des vents dé-passant les 150 km /h et de supporter les surcharges éventuelles occasionnées par de fortes précipitations
comme cela arrive souvent dans nos zones de production.
Charges de culture
Les plantes palissées sont supportées par la charpente et leur poids dépasse souvent les 60 à 80 tonnes ha, ce qui exige une structure très solide. L’effondrement de serres dû à la charge des plants sur certaines serres mal montées est notoirement connu.

Hermeticité et volume

La nouvelle serre doit présenter une herméticité parfaite afin de garantir une protection totale contre les infiltrations des pluies et les risques d’invasion d’insectes et acariens. Un autre critère très important est la dimension de la serre :

hauteur zénithale, hauteur des pieds -droits. Ces dimensions conditionneront le volume de la serre qui doit être important pour assurer le confort des plants par son effet tampon par rapport aux excès du climat extérieur.
Facons culturales L’espace intérieur de la serre doit permettre le bon déroulement des façons culturales ainsi que les différentes travaux d’entretien et de récoltes.

Nous avons essayé de donner une esquisse des caractéristiques des nouveaux types de serres afin d’orienter le choix des producteurs désireux de s’équiper en nouvelles installations plus perfectionnés. Il reste bien entendu que les serres peuvent
largement varier d’un constructeur à l’autre et offrir un large éventail de commodités et d’équipements à la mesure des possibilités financières.Pour en savoir plus sur ce sujet, il est vivement recommandé d’assister à la 2° édition d’agriconferences
tomate du
maroc le 24 mars 2011 à agadir.

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Nouveaux types de serres et techniques de production adaptées

La majorité des producteurs exportateurs de tomates, sont conscients de la nécessité d’améliorer l’outil de production, à savoir l’abri serre, et d’opter pour des structures permettant de mieux contrôler les paramètres climatiques.
Le choix de l’installation nécessaire pour assurer le contrôle de ces paramètres reste à déterminer. Vers quel degré de sophistication doit–on aller en tenant compte des impératifs de coût et de rentabilité ? Cette seconde Agri-conférence tente d’y répondre.

La forte participation des producteurs (plus de 300) à cette seconde édition organisée par le cabinet GREEN SMILE avec le soutien de l’APEFEL , montre bien l’importance et la pertinence de cette réflexion. Ainsi, et pour permettre aux exposés d’être efficaces et pour mieux guider le choix des producteurs, les organisateurs avaient précédemment constitué un groupe de réflexion afin de réunir un ensemble de problématiques sur le fonctionnement et l’évolution possible de nos serres. Le déroulement des conférences développé en trois sessions, a permis d’aborder l’essentiel de la problématique.
Mohamed Zahidi, directeur associé de Green Smile a ouvert la conférence en rappelant l’importance de la réflexion engagée pour le développement de nos exportations. Soulignant l’importance du travail et la qualité des intervenants, il a souhaité aux opérateurs présents le plus grand profit de cette conférence.

Dans son introduction, M.Abderahmane Hillali, représentant le Ministère de l’Agriculture, a évoqué la place du secteur pour l’économie marocaine et rappelé les décisions importantes du ministère pour 2011 :
- soutien des projets en développement
- construction d’une usine de dessalement
- Agropole en cours de réalisation Lahoucine Aderdour, président de L’APEFEL, a lui aussi rappelé la nécessité de protéger nos exportation et aussi le rôle du Ministère de l’Agriculture dans la mise en place d’un soutien économique, orienté vers le renouvèlement de notre équipement en serre « la serre canarienne est aujourd’hui à ses limites, a souligné le président, et nous devons trouver de nouvelles solutions » Mohamed Ajana, Président de la séance, a également souligné la participation nécessaire du ministère dans le soutien au développement de la région et de celui de nos exportations pour l’économie marocaine : « devant un marché devenant de plus en plus exigeant, nous devons trouver des solutions qui permettent de le satisfaire ». Ainsi, devant la richesse des exposés et le nombre des intervenants, nous avons choisi d’aborder cette conférence en deux parties et permettre, avant d’entrer dans le détail des interventions dans notre prochain numéro, de découvrir les perceptions de quelques opérateurs présents à la conférence.

Samir Jbali- HortiSud

Je crois que chacun a pu constater l’intérêt d’une telle journée et que la perception de l’évolution nécessaire de la serre gagne en compréhension parmi tous les opérateurs.
Nous savons que les attentes sont importantes, notamment en matière de ventilation, actuellement plutôt passive alors qu’il faut la rendre active et permanente. Cela impose évidemment une modification de nos serres que permettrait l’amélioration des points suivants:
- Aération zénithale et latérale
- Meilleure lumière
- Equilibre climatique A savoir que la condensation gène la pénétration de la lumière et favorise l’humidité.
- volume d’air à la disposition de la culture
- angle idéal d’inclinaison de 25°- 27° au faitage. En ce qui concerne cet angle d’inclinaison, on arrive actuellement à 15 -17°, mais c’est insuffisant.
- Economie d’espace.
Il faut noter également qu’avec la multi-chapelle, on peut gagner jusqu’à 20% de l’espace disponible que l’on peut réserver pour augmenter le nombre de plants ou améliorer la mécanisation à l’intérieur de la serre.
J’ai entendu parler aussi de double paroi, ce qui me semble un faux débat. Le gain de température n’est possible qu’avec l’adjonction du chauffage, inenvisageable au Maroc.
Cela dit, on peut quand même améliorer la serre canarienne. Nous avons travaillé sur cette question depuis 2005, et réussi à maitriser une meilleure aération et inclinaison au faitage ainsi que l’occupation de l’espace. Une centaine d’hectare actuellement donnent de bons résultats.

Mohamed Ajana
Producteur (membre du conseil national APEFEL)

Je crois que nous avons abordé aujourd’hui, de vrais problèmes d’actualité et notamment l’évolution des structures de serre pour améliorer la production en qualité mais aussi en productivité. Et la plupart des producteurs en sont conscients. Nous sommes arrivés à une conclusion pratiquement générale sur la diminution des ressources en eau. Ce qui impose maintenant de trouver les structures de serre adaptées à ces nouvelles conditions. Il me semble que le ministère de l’agriculture devrait accompagner cette évolution qui me parait indispensable pour développer nos exportations.
Aujourd’hui, ce genre de réunions est une sorte de mise à niveau indispensable et surtout valable pour tous. On peut d’ailleurs regretter qu’il n’y ait pas actuellement, un véritable service à la production disponible en temps réel. Il y avait la SASMA qui s’est arrêtée comme tout le monde le sait au début des années 2000, alors que nous en avons encore davantage besoin à l’heure actuelle.
Le secret de la SASMA, c’était un financement organisé et prélevé sur la production, comme en France avec le CTIFL. Ce système existait à l’époque de l’OCE, et je crois qu’il faut remettre en place ce mode de financement permanent pour permettre un véritable service à la production. Mais cela dépend du Ministère de l’Agriculture.

Olivier D’Eaubonne – Richel

La société Richel, concepteur et producteur de serres depuis plus de 40 ans, est numéro 1 des serres en Europe et est présente dans 80 pays. Une présence sur pratiquement tout le pourtour méditerranéen, depuis plus de 25 ans, assure à l’entreprise une grande expérience des climats appropriés.
L’importance accordée au département Recherche et Développement, animé par une trentaine de personnes, a permis de nombreuses innovations dont le tube verni en 2008, qui résiste 2,5 fois plus longtemps à la corrosion qu’un tube d’acier classique, et la création en 2009, d’un tube ovalisé de 90 qui est 2,3 fois plus résistant que l’ovalisé 60.
A noter une présence permanente de Richel au Maroc grâce à un partenaire unique, le groupe CMGP, considéré aujourd’hui comme l’une des plus importantes sociétés d’irrigation au Maroc.
Olivier d’Eaubonne a rappelé par ailleurs quelques règles pour favoriser un meilleur climat à l’intérieur de la serre, à l’instar d’une amélioration du capital lumière et de la ventilation. Un volume conséquent au dessus de la végétation facilite les mouvements d’air, qui seraient renforcés par une disposition des lignes parallèles aux vents dominants. A noter également que le gain de températures en fonction de la hauteur de la serre, devient marginal audelà de 4 m.
Un autre point important concerne l’écoulement de la condensation, favorisée par une voute cintrée, ce qui permettra d’éviter le gouttage sur les plantes.

Eric Colcombet – Harnois

La société Harnois située près de Montréal est présente dans 45 pays. Notre objectif qui est de développer une commercialisation de serre sur l’Afrique du nord et le sud de l’Europe prévoit d’ailleurs l’ouverture d’un bureau à Agadir.
Pour nous, actuellement il s’agit davantage d’une approche économique que commerciale. Nous voulons d’abord apporter des éléments positifs de rentabilité. Il est vrai qu’il y a un niveau assez élevé de technologie qu’il faut appréhender.
C’est pour cette raison que nous sommes en train de recueillir des informations sur la situation au Maroc pour développer une offre parfaitement adaptée : structure de serre multi-chapelle avec double paroi : 11 m de largeur, 6 m de hauteur, sous faitage avec double ouvrant… J’ajouterai qu’à la grande question plusieurs fois posée aujourd’hui sur l’orientation d’une serre, la réponse est : perpendiculaire aux vents dominants, avec des cultures parallèles au vent comme l’a précisé Thierry Boulard (INRA France) dans son intervention.
Nous espérons que notre expérience sur des climats similaires, nous permettra d’apporter un plus dans l’évolution de la production sous serre au Maroc.

Thierry Boulard- INRA France

Mon intervention s’est orientée sur l’aération naturelle des serres qui est le mode de climatisation le plus sûr et le plus économique. Cependant, les filets insect-proof qui sont incontournables pour limiter l’intrusion des insectes et par conséquent l’usage des pesticides, génèrent une diminution de l’aération et une augmentation de l’humidité.
Ainsi, pour maximiser l’aération de la serre, il faut maximiser la surface d’ouvrants et favoriser l’entrée de l’air par les ouvrants du toit, ce qui conduit à favoriser la circulation de l’air à l’intérieur de la serre. S’il y a peu d’ouvrants en toiture, il faut éviter une trop longue course du vent à l’intérieur de la serre, mais surtout disposer les lignes de végétation parallèlement au vent dominant.
En ce qui concerne la hauteur de la serre et dans les mêmes conditions de vent, l’augmentation intérieur/ extérieur est de 3,5° pour 3 m, 2,5° pour 4 m, enfin 2° pour 5 m et peu d’intérêt pour des hauteurs supérieures.
Il faut ajouter à cela une réalité incontournable, mieux la culture fonctionne, mieux la température est supportable dans la serre.
En conclusion nous voici devant plusieurs points essentiels pour une bonne climatisation dans la serre :
- Maximiser l’aération
- Diminuer le rayonnement absorbé par la serre et la culture en général (blanchiment ou écran), diminuer le dégagement de chaleur sensible en augmentant la transpiration de la plante.
- Combiner toutes les techniques.
En conclusion, pour une bonne production, il faut avoir une bonne aération et des plants en bonne santé.

Khalid Saidi – Suncrops

Si l’on s’en tient à une vision à court terme, on pourrait dire que le type de serre que nous avons est largement suffisant pour atteindre des pics de productions de 25 kg/m2, c’est-à-dire 160t/ha, pouvant aller jusqu’à 200 t, voir même 250 t/ha.
On pourrait s’en satisfaire, mais je pense qu’il va falloir revoir nos cartes, notamment en ce qui concerne les écarts de productions et les éléments qui en découlent :
- Trop de produits sur le marché : baisse de prix
- Manque de produits sur un marché demandeur : perte de rentabilité L’objectif est donc de moderniser progressivement le parc de serres afin de pouvoir réguler la production et développer nos exportations.
Evidement, il va falloir trouver un appui économique, et il me semble qu’un premier schéma apparait pour permettre ce développement :
- Le producteur investit le montant d’une serre canarienne
- L’Etat engage une somme identique
- Le complément est apporté par un prêt bancaire à taux préférentiel.
Aujourd’hui, nous devons sérieusement considérer nos concurrents Agriculture du Maghreb n°50 Mars 2011 51 qui s’organisent et s’adaptent. Il arrive par exemple que les produits turcs soient plus avantageux que les nôtres au point de vue prix sur le marché russe. Pour rester compétitifs, nous allons devoir augmenter notre productivité par l’amélioration de nos modes de production.

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Vers une évolution de la culture sous serre

Dans le cadre de notre analyse du parc serricole marocain et ses possibilités d’évolution nous avons choisi de nous intéresser dans cet article aux 2 scénarios suivants :

Scénario n°1

Mode de culture traditionnel dans la région du Souss Massa Draa

Scénario n°2

Multi-chapelles avec couverture plastique, culture sur substrat, ventilation forcée*

*Nous pensons qu’il est trop tôt pour mettre en œuvre la ventilation forcée dont le coût risque d’être prohibitif. En effet, l’intérêt de la ventilation forcée n’est évident qu’en période estivale de forte chaleur ce qui ne concerne pas directement le cycle de production du Souss Massa. Un dispositif d’ombrage coulissant et automatisé nous parait largement suffisant pour assurer une bonne protection contre l’excès de chaleur.

Nous avions évoqué dans le précédent numéro, les points faibles des abris traditionnels (scénario 1) qu’on peut qualifier de serres passives et sur lesquelles aucune option de contrôle dynamique du climat n’était possible.

Dans ce type d’abri, la contrainte imposée par le risque mouche blanche a poussé les producteurs à installer des barrières Insect-proof en filet. Ceci a eu pour conséquence la réduction de l’aération à l’intérieur des serres. Une des solutions pour remédier à cet inconvénient a été d’augmenter le nombre d’ouvertures sur le faitage en vue de permettre une meilleure évacuation de l’air chaud. L’inconvénient de cette pratique a été de réduire la surface couverte par le plastique et donc d’exposer directement à la pluie une plus grande partie des plants.

Ce modèle avait certes l’avantage d’assurer une assez bonne protection contre les insectes et de faire office d’un bon brise-vent mais il protège très mal contre la pluie et le froid. Ce modèle a pu s’avérer être un assez bon outil de production durant les dernières années de sècheresse mais a montré ses limites notamment en matière de contrôle de l’humidité et des excès de températures dans les serres. En année très pluvieuse, ce modèle a généré de grosses pertes en production aussi bien qualitativement que quantitativement.

Le passage du scénario 1 au scénario 2 s’avère donc nécessaire pour maintenir la régularité de la production ainsi que la position de la Tomate du Maroc sur les marchés à l’export. Cette transition vers le scénario 2 va nécessiter les installations suivantes :

- Serre moderne de type multichapelle

- Culture sur substrat

- Ouvertures faitières automatisées

- Couverture plastique

- Ecran d’ombrage automatisé

Ce passage du scénario 1 au scénario 2 va permettre :

- Amélioration de la productivité de 40%

- Amélioration de la qualité

- Augmenter les densités de 2,5 plant/m² à 2,9 plants/m²

  • Avec un rajout de 15% d’extra-bras en semaine 3

- Amélioration de la transmission lumineuse de 10%

  • Meilleure fixation des plastiques
  • Moindre encrassement des plastiques de couverture

- Meilleure maitrise des risques en année pluvieuse

Cette transition vers un modèle plus sophistiqué nécessitera évidemment un investissement substantiel. Le comparatif financier ci-dessous, bien que sommaire, montre qu’en tenant compte des durées d’amortissement appropriées pour chaque scénario, l’investissement supplémentaire requis par le scénario 2 est largement couvert par les performances productives et donc économiques du modèle.

Investissement

Structures

 

 

 

Hors sol Amortissement*

(y compris intérêts bancaires 6%)

Gain de production Gain en CA

(prix moyen

4 DH/Kg)

Scénario 1 500 000 DH 101 500 DH
Scénario 2 1 500 000 DH 200 000 DH 240 000 DH 70 T 280 000 DH

*durée d’amortissement :

Scénario 1 : 7 ans / Scénario 2 : 10 ans

Scénarios

 

Production Brute au m² Pourcentage catégorie 1 Production Nette au m² Augmentation nette de la production
1 29 kg 60 % 17,5 kg
2 33 kg 75 % 24,5 kg 40 %

 

 

 

Ce modèle a l’avantage d’être évolutif de sorte qu’on peut y adjoindre tous les équipements de contrôle poussé du climat (ventilation simple et forcée, cooling system, chauffage, injection CO²…).

Green Smile se tient à votre disposition pour vous accompagner dans votre démarche vers l’amélioration de votre outil de production.

Contactez nous:

Siham ZAHIDI Mohammed ZAHIDI

06 60 300 311 06 60 052 052

szahidi@greensmile.ma mzahidi@greensmile.ma

 

Auteur : Green Smile

Publié dans Agriculture du Maghreb (ADM) n°43 Avril 2010

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Culture sous serres : Importance de la lumière et de la chaleur

L’importance de la lumière et de la chaleur pour la culture sous serre

La serre peut être définie de façon simple comme étant une couverture soutenue par une structure et un des objectifs de la serre est de capter le maximum de lumière pour deux raisons principales à la fois le réchauffement et la photosynthèse.

L’étude commanditée par GREEN SMILE en Décembre 2009 intitulée «5 scénarios possibles pour l’amélioration de la production de tomate sous serre au Maroc» a montré l’importance du facteur lumière dans l’amélioration de la productivité au m2 et ce sur la base de l’équation suivante :

+1% lumière ˜ +1% rendement

Cette équation montre l’importance de la lumière et sa conséquence directe sur le rendement de la plante car plus on a de lumière plus on a de production.

Serre Piège à lumière

Le rôle de la serre piège à lumière s’avère primordial notamment en période de jours courts (octobre à mars) car la quantité de lumière disponible diminue. Par conséquent, pour optimiser ce facteur essentiel, il est important de bien choisir son matériel de couverture sachant que le pouvoir de transmission de la lumière diffère selon le type de matériau. Le meilleur pouvoir de transmission reste celui du verre suivi des matériaux plastiques : PVC, EVA (Ethyl-vinyl acétate), Polyéthylène.

Dans les conditions climatiques méditerranéennes la quantité de lumière reçue d’octobre à mars (période critique) est suffisante ce qui autorise l’utilisation du polyéthylène malgré son mauvais pouvoir de transmission en lumière.

Néanmoins, dans nos conditions marocaines, ce facteur de transmission est négligé d’autant plus que le vieillissement du plastique et son encrassement en poussière crée une situation de déficit en lumière en période automnale et hivernale. Un lavage du plastique et surtout en 2ème année reste conseillé pour améliorer son efficacité.

Si une partie du spectre lumineux sert à l’activité photosynthétique de la plante, une autre partie est transformée en chaleur. Ainsi, en piégeant la lumière, la serre permet une augmentation de la température par rapport à l’extérieur durant le jour. Ce gain de température est appelé effet de serre. Durant la journée, le bilan thermique est toujours positif par contre de nuit, la chaleur captée de jour est perdue progressivement jusqu’à atteindre un minimum au lever du jour. Les déperditions calorifiques sont dues aux échanges avec l’extérieur notamment par convexion ou par émission de rayonnement infrarouge long (rayonnement du corps noir). Ce rayonnement est plus important pour le polyéthylène normal (non thermique) contrairement aux autres matériaux qui font barrières au rayonnement infrarouge long en le renvoyant dans la serre. Il arrive dans certains cas, en hiver par ciel clair, que la température enregistrée soit plus basse que celle de l’extérieur on parle alors d’inversion thermique, celle-ci est fréquente dans les conditions climatiques méditerranéennes.

Comment améliorer le bilan thermique d’une serre

Ecran thermique

Jusqu’à présent dans nos conditions climatiques, les seuls moyens utilisés pour lutter contre le refroidissement de la serre durant les nuits froides étaient : l’utilisation du plastique thermique et les producteurs intervenaient parfois en pratiquant des irrigations avec l’eau de pluie qui permet une amélioration et un certain réchauffement du sol. Cette gestion rudimentaire des risques de basses températures est imposée par les types d’abris canariens qui n’autorisent pas la mise en place d’un système perfectionné d’écrans thermiques seule alternative envisageable si l’on ne veut pas recourir au chauffage. L’utilisation d’écrans thermiques nécessite des abris perfectionnés (notamment pour permettre leur déploiement de façon mécanique).

Chauffage

La meilleure façon de lutter contre les basses températures reste le chauffage. Néanmoins, les installations de chauffage qui permettraient un contrôle climatique optimal sont très onéreuses et la facture énergétique serait prohibitive dans nos conditions.

Il reste qu’un supplément de chauffage pendant les 2 à 3 mois difficiles, permettant de limiter les basses températures à un niveau donné (par exemple 9 °C) serait souhaitable et aurait pour effet secondaire d’éviter la condensation un des facteurs responsable de la mauvaise qualité des fruits (fissures, craquellement, maladies cryptogamiques…). Des sources d’énergie renouvelables (solaire, éolien) permettraient d’assurer ce supplément.

Pour le moment les seules solutions pratiques pour l’amélioration du bilan énergétique de la serre restent l’étanchéité, l’utilisation de matériaux servant de barrières à la déperdition thermique par infrarouge (double paroi, écran thermique) et ces options exigent également des abris serres adaptés et par conséquent plus perfectionnés.

Aération

Si l’effet de serre est recherché durant les périodes de basses températures durant l’hiver, il devient « gênant » au printemps, été, automne. Les hautes températures sont alors un facteur qui nuit au fonctionnement des plantes et l’on doit trouver des moyens d’évacuer cet excès de chaleur.

Le moyen le plus simple est de pratiquer des ouvertures sur les côtés et sur la toiture des serres. Ces ouvertures pratiquées au niveau de la toiture, améliorent l’évacuation de la chaleur accumulée en hauteur. Lorsque les ouvertures sont munies de filets, il y a réduction de l’échange avec l’extérieur ce qui entrave la capacité d’évacuation.

Le deuxième moyen de lutte contre les hautes températures (et l’excès de lumière) est l’ombrage de la serre par le chaulage, pratique courante dans nos conditions mais qui comporte des inconvénients notamment lors du lavage où le plastique perd sa transparence. Cette opération convient mieux aux abris perfectionnés (matériaux de couvertures bien tendus rendant le lavage plus efficace).

Ecran thermique

L’écran thermique peut être aussi un moyen de lutter contre la pénétration de lumière et donc l’excès de chaleur surtout s’il est muni de bandelettes d’aluminium qui accroissent la quantité de lumière réfléchie.

Brumisation

La brumisation est aussi un système qui au travers d’un matériel adapté (pression élevé) permet de lutter contre l’effet serre en pulvérisant de gouttelettes sous forme de brouillard (Fog system).

Cooling

Cette technique consiste à faire circuler de l’eau froide de haut en bas à travers un panneau et de forcer la ventilation à y passer à l’aide de puissants ventilateurs, produisant ainsi un air plus frais par vaporisation de l’eau. Le cooling est efficace, mais cependant onéreux car lourd en dépense énergétique et n’est envisageable, pour le moment, que pour quelques structures, du type centres d’essais, pépinières…

La serre doit être à la fois un bon capteur de lumière (surtout en hiver), un bon vêtement contre le froid (lors des basses températures) et contre la chaleur (lors des hautes températures), un bon brise vent, facteurs qui rendent complexe la gestion d’exigences climatiques souvent contradictoires !

 

Auteur : Green Smile

Publié dans Agriculture du Maghreb (ADM) n°47 Novembre 2010

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De la culture sous serres et sa nécessaire évolution au Maroc

” Si nous n’agissons pas il en va de notre survie “ Khalid Saidi, producteur et président de la commission Agro technique de l’APEFEL

Agriconferences 2011 a permis de débattre d’une problématique importante au niveau de la production marocaine et qui est : “Vers quel type de serre doit on s’orienter et pour quelle raison ?”

Lors de cette journée d’étude nous avons eu l’occasion, notamment lors de l’intervention de Guadalupe Lopez Diaz de Tecnova, de récapituler la définition d’une serre, les différents types qui existent ainsi que leurs caractéristiques, avantages et inconvénients respectifs.

La serre est une structure qui protège les plantes et les cultures et qui optimise la transmission du rayonnement solaire dans des conditions contrôlées pour améliorer l’environnement de la culture et dont les dimensions permettent le travail des personnes.

L’objectif de la serre est de protéger des aléas climatiques et permettre un contrôle des variables telles que la température, la pluie, l’humidité relative, le rayonnement incident et le CO2. Par ailleurs, les avantages qu’apporte la serre sont les suivants :

- Culture hors saison

- Gain en précocité

- Culture dans des zones à climat difficile et à des moments où se n’est pas possible

- Plusieurs cycles de production

- Augmentation de la productivité et de la qualité

- Meilleure gestion des ressources naturelles

Dans son intervention Mme Lopez Diaz a classifié les 2 types de structures aussi bien la serre type Almeria que la serre multichapelle.

La serre type Almeria ou type Raspa y Amagado se caractérise comme suit :

- Structure tendue

- Résistante au vent

- Grande adaptation à la géométrie du terrain

- Prix ??concurrentiel

- Etanchéité moyenne ou faible, selon le type

Les inconvénients de cette structure sont :

- Complexité de la construction

- Obstacles nombreux

- Faible étanchéité contre la pluie

- Faible inertie thermique

- Faible surface de ventilation

- Possibilité d’intégration technologique minime

- Risques dus à la main d’œuvre

Concernant la serre multichapelle les caractéristiques principales sont les suivantes :

- Structures modulaires

- Etanchéité importante

- Grande inertie thermique et contrôle du climat

- Possibilité d’intégration technologique importante

- Translucidité

Les catégories de multichapelles :

- Hémicylindrique

- Asymétriques

- Gothique

 

Les inconvénients de ces structures sont les suivantes :

- Prix

- Déchirure plastique

Les serres marocaines sont des abris canariens qui ont plus ou moins les mêmes caractéristiques que les serres type Alméria. Dans son intervention Saidi Khalid, président de la commission Agrotechnique de l’APEFEL a présenté le travail du comité serre érigé pour la préparation d’Agriconferences 2011 en faisant une synthèse claire et argumentée de la situation dans la serre marocaine actuelle.

Le constat de la profession est clair : la production de tomate subie des contraintes indéniables outre le quota et le calendrier de production, ce sont les abris serres par leur caractère passif, qui font que le producteur subit un climat très peu favorable et très peu maitrisable. Ce facteur climat est aujourd’hui, l’élément le plus difficile à contrôler car il requière de revoir complètement le type de structure.

La serre canarienne Marocaine après les modifications dues à la protection contre la mouche blanche qui ont induit une herméticité due aux filets insectes proof, est devenue un abri au climat confiné. « Etant donné la difficulté à faire circuler l’air dans ce type d’abris, nous sommes en droit de nous poser la question du niveau de CO2 dans les abris marocains » exprime Khalid Saidi.

Au niveau de l’outil, les difficultés diffèrent selon la période mais peuvent êtres résumées comme suit sachant qu’elles induisent toutes une perte quantitative et qualitative au niveau de la production :

- Chaulage non maitrisé

- Amplitude thermique subies

- Pluviométrie : lorsqu’il pleut à l’extérieur, il pleut également l’intérieur des abris

- Faiblesses racinaires

Par ailleurs le producteur marocain doit faire fasse aux contraintes suivantes :

- Rareté de l’eau

- Augmentation du prix des intrants

- Quota

- Baisse de tonnage

- Problèmes de transport (lignes irrégulières, surcoût sur les marchés lointains…)

- Concurrence organisée et de plus en plus performante

Globalement, les objectifs d’une amélioration de nos structures seraient :

- Mieux répondre aux exigences des clients

- Présence plus régulière sur les marchés

- Amélioration de la qualité par une :

  • Gestion active du climat
  • Adoption de la lutte intégrée à 100%

- Amélioration de l’offre

- Amélioration de la productivité et donc de la compétitivité

Le changement des structures devra être graduel mais ne pourra se mettre en place sans une implication du ministère de tutelle au travers de subventions, des établissements de crédits qui devront permettre un accès facile au crédit avec des taux préférentiels. En effet, vu le niveau d’investissement, le producteur ne pourra prendre à sa charge une telle reconversion et tous les opérateurs devront mettre la main à la poche.

Apport des constructeurs de serres

Parmi les constructeurs de serres présents, la société Richel a brossé un tableau de ses principaux modèles et innovations en mettant l’accent sur la qualité de ses matériaux, sa capacité de fabrication ainsi que sa grande expérience dans le bassin méditerranéen. Ensuite Olivier D’Eaubonne représentant de Richel a mis l’accent sur une des exclusivités du groupe à savoir le tube ovalisé de 90 qui permet de construire des chapelles de 12,80 m optimisant ainsi l’impact de la lumière.

Serre Richel Chapelle

Serre Harnois

A titre indicatif, Olivier d’Eaubonne a présenté quelques exemples de rendements à l’hectare dans des zones de productions plus ou moins similaires aux nôtres telles que la Turquie où certains producteurs faisant usage de chauffage, d’injection de CO2 et de hors sol atteignent des rendements de 35 à 38kg/M² (sur une culture d’hiver). Au Mexique qui bénéfice d’un meilleur ensoleillement certains producteurs sont au dessus de 55 kg et même au dessus de 60 Kg pour certains d’entre eux (sur une période de 11 mois).

Cette performance n’est pas seulement due à la serre comme l’a souligné Olivier D’Eaubonne, car la serre est un outil qu’il faut tout d’abord apprendre à manier, mais des équipements tels que le chauffage, les brasseurs d’air ainsi que l’enrichissement en CO2 sont importants pour l’atteinte de tels rendements. C’est ainsi que les constructeurs tendent à proposer des solutions globales dites clés en main comprenant tous les équipements requis parfois même le transfert technologique nécessaire à leur utilisation efficace.

 

La société Harnois, a pour sa part présenté une étude économique réalisée au Maroc, sur une durée de 8 mois, pour pouvoir évaluer l’enjeu de passer d’une serre canarienne actuelle vers une serre haute technologie de type multichapelle.

 

L’étude économique présentée par Eric colcombet d’Harnois présente et comparent 4 modèles de serre:

- Canarienne

- Luminosa non chauffée (la serre Luminosa est un type de serre proposé par harnois)

- Luminosa avec chauffage (air pulsé)

- Luminosa avec chauffage (eau chaude)

Esteban José Baeza Romero pour Hortisud a quand à lui décrit un nouveau prototype de serre qui permettrait ce qui suit :

- Augmentation de la production

- Amélioration de la qualité

- Cultiver toute l’année

- Améliorer l’efficience dans la gestion de l’eau, de l’énergie et de la main d’œuvre

Cette serre a les caractéristiques suivantes :

- Chapelles de 8 mètres

- Plastique tendu

- Hauteur au chéneau de 4,6 m

- Hauteur sous faîtage de 6,9 m

- Pente de 30 º

- Maximisation de la ventilation

- Fenêtres doubles de 1,9 m de largeur avec crémaillère de 1,5 m dans toutes les chapelles

Indication techniques et mécaniques en condition de culture sous serres

Parallèlement, les différents constructeurs ont aussi donné un aperçu technique des différentes évolutions au niveau de la construction de serre en mettant l’accent sur plusieurs points importants pour l’optimisation de la culture et de la structure :

- Le volume d’air dans la serre

- La lumière

- La ventillation

- La ventillation naturelle

- La condensation

La plupart des constructeurs soutiennent l’importance du volume d’air sous la serre puisqu’il a un pouvoir tampon. Ils s’accordent à dire que plus le volume de l’air va être important moins la serre va être sensible aux variations de température. Par ailleurs, l’accent a été mis sur la nécessité d’un important volume d’air afin de permettre l’installation des équipements de type écrans thermiques qui évitent de chauler et protègent en cas d’excès de luminosité.

Il faut par ailleurs savoir que le premier facteur limitant au niveau de la production est la lumière et ce puisqu’il est admis que 1% de lumière en plus = 1% de production en plus. Olivier d’Eaubonne dans sa présentation a fait référence à une étude élaborée par une société de substrat (laine de roche) qui montre que « La pente de toit a une influence favorable sur la transmission de la lumière : une pente supérieure à 22° améliore la pénétration de la lumière de 0,4% par degré ».

Harnois propose quant à lui des serres de type ogive ou la structure est minimisée au maximum pour éviter les effets d’ombrages sur la culture.

 

Enfin, le gouttage est un frein à la pénétration de la lumière car les gouttelettes réfléchissent les infrarouges courts ce qui peut créer une inversion de température. La condensation réduit la transmission de la radiation jusqu’à 15%, cet excès d’humidité augmente le risque de maladie. Des pentes de couvertures à 25° ainsi que l’usage de film plastique anti- goutte permet d’évacuer l’eau de la couverture de la serre.

Richel pour palier à ce phénomène propose des serres gothiques avec une pente de 27 ° et une possibilité d’évacuation et de récupération des eaux de condensation ce qui permet en outre de réchauffer la serre plus rapidement le matin car « il est plus facile de chauffer de l’air sec que de l’air humide » comme l’affirme Olivier D’Eaubonne.
Pourquoi la ventilation naturelle est elle si importante ?

Cette question qui met l’accent sur l’importance de la ventillation naturelle a été soulevée et traitée dans les interventions de Thierry Boulard de l’INRA France et d’Esteban José Baeza Romero pour Hortisud.

Ces 2 experts ont mis l’accent sur le fait que la plante reste le premier agent réfrigérant naturel d’une structure. D’où l’importance de maintenir des plants en bonne santé puisqu’à elles seules, elles peuvent diminuer jusqu’à 70% de l’excès de chaleur.

En soirée, il est intéressant de ventiler pour prévenir des phénomènes d’inversions thermiques par nuits claires, sans vent et aussi pour évacuer l’excès d’humidité.

Il est également primordial de pouvoir ventiler le matin afin d’éliminer les gaz
potentiellement toxiques et nuisibles dus au chauffage de l’air par combustion directe.

La ventilation naturelle est également nécessaire après l’application d’un traitement phytosanitaire et avant d’entrer dans la serre pour y travailler. L’aération naturelle devrait améliorer le confort thermique des ouvriers et opérateurs qui travaillent dans la serre.

 

Les 3 principales entraves à l’aération des serres de type Almeria :

- Surface d’ouvrant insuffisante

- Ouvrants peu efficaces

- Usage de filet insect-proof à faible perméabilité

Voici les constatations des travaux de recherche exposés par l’intervenant d’Hortisud, Esteban José Baeza Romero :

- Les ouvrants au toit favorisent la ventilation.

- Il est nécessaire d’augmenter cette surface d’ouvrant pour compenser l’utilisation de filets insect-proof.

- Les ouvertures latérales ont une influence importante sur la ventillation

- La pente des chapelles influe directement sur la ventillation mais aussi sur la lumière

 

D’autre part, le Docteur Boulard s’est intéressé à l’orientation des ouvrants par rapport au vent et leur impact sur l’aération des serres. Par ailleurs il s’est intéressé à la minimisation de la charge du filet insect-proof et ce par un nettoyage régulier ou en utilisant une nouvelle génération de filet appelé ultravent (ou similaire).

Par ailleurs, l’accent a été mis sur l’orientation de la serre et son importance quand à la maximisation de l’aération, d’après Thierry Boulard les pignons de la serre doivent être disposés face au vent dominant pour favoriser la pénétration du vent. De la même façon et pour faciliter la circulation de l’air dans la serre les lignes de plantation devront être disposées parallèles au vent.

Pour répondre à la question de départ vers quel type de serre doit-on s’orienter et pour quelle raison ?

Nous pouvons déjà répondre que l’amélioration des structures nous facilitera une meilleure maitrise du climat et donc une amélioration des rendements au m² ce qui va permettre une régularité et une plus grande compétitivité au niveau des marchés à l’export. Concernant le type de serre adéquat, la question reste ouverte et relève du besoin et potentiel de chaque producteur. Le choix entre la serre canarienne améliorée et la multichapelle sera certainement déterminé par la capacité des producteurs à lever des fonds et donc à sensibiliser l’état et les institutions financières à la gravité de la situation et au risque qu’encours l’export marocain de tomate et de fruits et légumes produits sous serres de façon générale si cette question des structures n’est pas résolues.

 

Dans le prochain numéro nous nous intéresserons aux aspects propriétés du film plastique, culture hors – sol mais également à une technique d’inter-plantation (ou interplanting) qui permet de cultiver toute l’année.

Auteur : Siham ZAHIDI

Publié dans Agriculture du Maghreb (ADM) n°51 Avril 2011

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Propriètès photothermiques des plastiques de serres et normalisation

INTRODUCTION

La couverture plastique joue le role principal dans l’amelioration du climat de la serre a la fois par ses proprietes de transmission lumineuses et d’amelioration du bilan thermique de celle-ci.

Outre les propriétés photo-thermiques, la présentation fait le point sur l’ensemble des propriétés physiques exigées d’un bon matériaux de couverture.Sans oublier la question de la normalisation qui préoccupe la profession depuis quelques années.

PRÉSENTATION DE MR PICHON

Lors de la session intitulée : propriétés physiques et photo-thermiques des plastiques et normalisation, Monsieur Gérard Pichon représentant le C.P.A. France (comité des plastiques en agriculture association regroupant fabricants et utilisateurs des matériaux plastiques agricoles) ,a fait un exposé qui a suscité un intérêt très vif de la salle.

La couverture plastique joue un rôle crucial dans la création du climat modifié de la serre d’où l’importance accordée par le producteur à l’aspect qualitatif du point de vue à la fois des caractéristiques physiques et photométriques de ce plastique.

Mr Pichon a structuré son exposé en quatre parties :

-Présentation du groupe Barbier dont Mr Pichon assure la fonction de responsable des ressources humaines

-Propriétés des films plastiques pour couverture de serres et leur influence sur les cultures

-Normalisation Européenne existante relative aux films pour couverture de serres

-La normalisation comme aide pour établir un cahier des charges fournisseurs

Après un bref exposé sur le groupe Barbier et le comité français des plastiques en agriculture ; ce dernier étant une association crée en 1958 et œuvrant d’un point de vue technique à la promotion et à la coordination de toute les actions tendant au développement des applications des matières plastiques en agriculture et d’assurer la gestion des produits plastiques de l’agriculture en fin de vie.

Par la suite l’exposé a abordé le sujet très attendu des caractéristiques des films pour couverture de serre et qui sont au nombre de 5 :

Caractéristiques de Présentation : il du système de pliage qui dépend de la largeur du film

Caractéristiques dimensionnelles : longueur, largeur et épaisseur avec une tolérance précise à déclarer .Concernant l’épaisseur ,la tolérance ne doit pas être au da de+ ou – 5% . Le respect des tolérances dimensionnelles est extrêmement important pour garantir la durabilité en usage du film.

Propriétés mécaniques : elles sont au nombre de 4 : résistance à l’impact, résistance au fluage sous contrainte, résistance en traction et l’allongement à la rupture et la résistance à la déchirure amorcée

La résistance à l’impact se mesure avec un instrument appelé Dart test la résistance à l’impact dépend essentiellement des paramètres d’extrusion et surtout des matières premières (polymère) entrant dans la composition du film.

La résistance au fluage sous contrainte : quantifie la capacité du film à se déformer sous l’effet de contrainte mécanique externe (tension de montage fluage sous l’effet de la chaleur et du vent). La résistance au fluage dépend surtout de la qualité de la matière première et se mesure avec le test défini dans la norme EN 13206

Contrainte et allongement à la rupture résistance à la propagation de la déchirure : dépend du système de stabilisation UV choisi de la zone géographique (ensoleillement) des contraintes environnementales (vent)et culturales( produits phytosanitaires )

Propriétés de transmissions lumineuses

SCHEMA 1

Après un rappel succinct sur les caractéristiques du rayonnement solaire de l’ultra-violet à l’infrarouge et son impact sur les cultures, notamment le rayonnement photo synthétiquement actif et tout en évoquant le rayonnement terrestre émis de nuit par le sol et les plantes (infrarouge long) Mr Pichon passe aux différentes propriétés de transmissions lumineuses des films plastiques.

Transmission dans l’UV :

SCHEMA 2


Le rayonnement UV se compose de trois types :

-UV A 380-315 nm(nanomètres) en partie nécessaire à la vision des insectes a aussi une influence sur la croissance des plantes

-UV B 315-280 nm fortement dégradant pour les films et les plantes

-UV C 280-100nm :non présent dans le spectre solaire qui atteint la terre

La transmission lumineuse dans l’UV est maitrisée par l’adjonction d’additifs organiques ou minéraux qui possèdent la capacité d’absorber au moins en partie le rayonnement UV présent dans la lumière solaire.

Elle se mesure à l’aide d’un spectrophotomètre UV visible équipé d’une sphère d’intégration.

L’opacité au rayonnement UV a comme effet sur les plantes :

Effets positifs : réduction du petal blackening (roses), réduction de la sporulation des champignons pathogènes (botrytis) , réduction des insectes bio-agresseurs (mouches blanches)

Effets négatifs : limitation de la synthèse des anthocyanes (salades) , risques d’intumescences (tomates) , perturbation des insectes pollinisateurs .

Transmission dans le visible

SCHEMA 3


La transmission dans le visible (longueurs d’onde comprises entre 380 et 700 nm) se quantifie par 3 facteurs ;

-la TLG (transmission lumineuse globale) ce facteur est proportionnel à la quantité de photons que reçoit dans le domaine des PAR (radiation active pour la photosynthèse) : Il faut donc chercher à le maximiser

- le trouble et la clarté : ces deux facteurs permettent de quantifier le pouvoir de diffusion de la lumière.

Ces propriétés se mesurent avec un appareil HAZE GARD PLUS

Les propriétés de diffusion dépendent essentiellement des polymères et additifs utilisés pour formuler le film mais aussi des conditions d’extrusion.

 

Transmission dans le proche-infrarouge

Le proche infrarouge (longueurs d’onde comprises entre 760 et 2500 nm)est le responsable du réchauffement dans la serre durant le jour. certains additifs permettent de réfléchir ou d’absorber ces radiations.

Cette caractéristique se mesure à l’aide d’un spectrophotomètre NIR équipé d’une sphère d’intégration

 

Transmission dans l’infrarouge lointain

SCHEMA 4

Le domaine IR lointain est constitué par les radiations solaires de longueur d’onde comprises entre 2.5 et 50 µ. Ce rayonnement se maitrise par l’adjonction d’additifs minéraux ou par l’utilisation de polymères qui possèdent la capacité d’absorber les infrarouges longs présents dans la lumière solaires

Un film formulé pour absorber l’IR lointain bloque les radiations réémises parla terre durant la nuit et donc retient la chaleur à l’intérieur de la serre. Ce plastique est dit thermique

Cette propriété se mesure à l’aide d’un spectrophotomètre FTIR

Durabilité en usage

Se maitrise par adjonction d’additifs appelés stabilisants lumière et ou chaleur. Ces additifs inhibent l’action dégradante des rayons UV de lumière solaire et de l’oxygène de l’air qui entrainent des ruptures des chaines du polymère constituant le film.

Toutefois ces additifs et stabilisants réagissent aux produits phytosanitaires avec réduction de la protection du film et donc de sa durabilité. La garantie de durabilité n’est valable qu’en cas d’utilisation modérée des phytosanitaires.

 

Normalisation françaises et européenne

2 normes de base pour les films pour couverture de serres :

-EN 13206 film thermoplastique de couverture pour usage en agriculture et horticulture

-NFT 54192 film plastique pour l’agriculture et l’horticulture – conditions de mise en œuvre et d’utilisation

La norme EN 13206 : c’est une norme européenne. Elle concerne les films transparents et diffusants en polyéthylène et ou de copolymère d’éthylène. Cette norme est en cours de révision la nouvelle version devrait paraitre en 2012

La norme NFT 54192 : c’est une norme française elle concerne tous les films à usage agricole, et donc les films de couverture. Cette norme est en cours de révision : la nouvelle version précisera entre autres les teneurs en soufre et chlore résiduel maxi au-delà desquels il n’y aura plus de garantie de durabilité pour film

La normalisation est le support technique à la relation fabricant et utilisateur.

 

Ces 2 normes permettent de servir de référentiel pour l’élaboration d’un cahier des charges entre fabricants et utilisateurs ou distributeur de film de serre ou de guide pour instruire un litige en cas de défaillance prématurée

C’est d’ailleurs ces points de la normalisation qui ont été l’objet de diverses questions dans l’assistance qui a souligné le manque de normalisation dans notre pays.

Auteur : Mohammed ZAHIDI

Publié dans Agriculture du Maghreb (ADM) n°52 Mai 2011

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Portrait de Femme : Zahidi Siham

Portrait de femmes

Siham Zahidi : directrice de Green Smile

 

Après une prépa agro qui aurait dû normalement me mener vers une grande école d’agronomie et peut être ensuite vers une activité de chercheur, je me suis engagée dans des études en Management puis une carrière de le commerciale et la communication pour enfin atterrir dans la ferme familiale pour une activité de producteur qui a duré 6 ans.

6 années d’une expérience forte, positive et qui m’ont fait inévitablement permis d’affronter les difficultés de ce métier de producteur en maraichage, en considérant par exemple les risques d’aléas climatiques qui peuvent ruiner une campagne. En fait, les producteurs de façon générale et les plus petits en particulier ont toujours été les parents pauvres de l’agriculture, alors qu’ils sont garants d’une offre fruits et légumes à la consommation nationale et concurrent eux aussi à travers l’agrégation à cette offre à l’export devenue florissante.

Je rappelle que la Maroc a exporté environ 350.000 T de tomates au cours de la précédente campagne. Heureusement d’ailleurs que toutes ces certifications imposées à l’export, ont considérablement aidées à la mise à niveau générale.

Mon changement d’orientation vient en fait d’une double perception :

- d’une part, l’impression de ne pas utiliser toutes mes capacités,

- d’autre part le sentiment d’un manque chez les producteurs sur le plan de l’organisation technique, financière, managériale, et de la nécessité d’y apporter des réponses

Des perceptions d’ailleurs communes avec mon père dont j’ai surement un peu hérité de l’histoire. Une histoire riche dans ce milieu de la production puisque il a collaboré à la SASMA, dont on perçoit d’ailleurs plus que jamais le manque, mais aussi sa participation à la vie associative pour la défense des intérêts du producteur marocain.

Et notre réflexion commune nous a amené à ce constat des besoins d’organisation et d’assistance en milieu de production. C’est ainsi qu’avant d’engager des démarches plus larges, nous avons mis en place une première conférence orientée sur la tomate, afin d’apporter une réflexion à la production qui fait que très rarement appel au consulting de façon directe. Il nous semblait nécessaire d’approcher la réalité et les constats : difficile de faire mieux que 17 à 18 kg/m2 export dans les serres telles qu’elles sont actuellement, alors que ailleurs dans le monde les résultats dépassent les 65 kg /m2 et bien sûr dans des conditions techniques bien différentes.

C’est la raison pour laquelle, cette seconde conférence envisage de réfléchir à des solutions propres à nos conditions de production et nos moyens, et trouver un modèle efficace au Maroc qui permette d’approcher de meilleurs rendements.

Nous souhaitons par ailleurs organiser des formations spécifiques très ciblés sur les besoins, parce que nous les connaissons. Et un chef d’entreprises de production petite ou moyenne, mais aussi les grosses, sont submergées de questions à résoudre toutes en même temps.

Notre objectif est de faire des offres ciblées, à l’exemple de la formation du personnel qui sera aussi axé sur les chefs d’équipes et les ouvriers. Chacun sait qu’au delà des grandes théories, il y a un rapport étroit de cause à effet entre le bon travail et les résultats et je suis persuadée que le travail de l’ouvrier joue un grand rôle en la matière.

L’activité formation démarre dés le mois de mai avec une formation technique qui cible les producteurs et cadre technique et portera sur la même thématique que la conférence. Cette conférence se déroulera à Almeria en Espagne au centre de formation de la Fondation Tecnova, notre partenaire scientifique pour la conférence. Cette formation durera 5 jours.

Enfin, nous démarrons notre activité communication qui touchera toutes les strates de la profession et ira de la conception de supports, logos… à la gestion des relations publiques (optimisation de présence lors des différents salons professionnels, animation de stands…).

Enfin nous souhaitons interagir et aider les différentes associations professionnelles dans leur organisation et l’optimisation de leurs actions qu’elles soient techniques, Stratégiques, événementielles, managerielles ….

En conclusion, je dirais que notre activité s’est diversifiée ou plutôt s’est orientée réellement sur le fond de nos compétences. Nous nous approchons en fait du véritable service à la production. Participer à l’identification et à la compréhension des problèmes et de mettre en place des actions pour les résoudre.

Nous en sommes réellement proches pour les avoir affrontés, et nous souhaitons mettre cette connaissance au service des producteurs.

Je dirais même que plus qu’un souhait, nous y sentons un véritable devoir.

 

Auteur : Siham Zahidi

Publié dans Agriculture du Maghreb (ADM) n°50 Mars 2011

 

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4 Comments

  1. Essays like this are so improatnt to broadening people’s horizons.

  2. God, I feel like I sohlud be takin notes! Great work

  3. admin

    Thank you very much for your trust, we are preparing a new conference on a brand new topic so stay tuned :)

  4. Great! thanks for the share!

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1 Comment

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