Error
  • Error loading component: com_virtuemart, 1

Exportations de pomme de terre : les raisons d’un déclin

Jusqu’au milieu des années 90, la pomme de terre fut avec la tomate et l’haricot vert une des grandes filières de la production et de l’exportation de primeurs. Pourtant, c’est aujourd’hui le seul produit de cette filière à avoir manqué l’envolée de toute une gamme de produits primeurs à l’exportation  le leader et dont le fer de lance reste la tomate.

Cette  régression a irrémédiablement placé ce légume au rang des produits marginaux à l’export. Quelles furent les raisons d’une telle chute ?

 Les causes de ce recul peuvent être déclinées comme suit :

La concurrence

Il s’agit particulièrement de l’Égypte et Israël qui ont pour chacun de ces deux pays des avantages comparatifs par rapport au Maroc : à titre d’exemple l’Egypte dispose de possibilités en terre et en eau qui font défaut à notre pays, de même Israël a pu entamer une mécanisation poussée de cette culture contrairement au Maroc ou la culture reste tributaire d’une main d’œuvre qui pèse lourd sur le prix de revient final. La concurrence est aussi espagnole dont les tonnages exportés sur l’Europe dépassent les 200 000 tonnes, mais là, les raisons sont beaucoup plus similaires à Israël avec l’avantage de proximité des marchés et d’appartenance à l’espace européen. Enfin la concurrence française elle-même car la filière a connu des progrès notables en matière de conservation de pomme de terre locales de saison qui peuvent de ce fait être commercialisés toute l’année avec une qualité semblable à notre pomme de terre primeur.

L’eau et les sols

Les régions traditionnelles d’exportation de pomme de terre primeurs ont toujours été à proximité de Casablanca : Soualem, Dar-bouazza, Zenata et dans une moindre mesure Chtouka et skhirat. Toutes ces zones ont connu des problèmes de surexploitation de la nappe phréatique, une urbanisation rapide et avec la sécheresse un manque de pluie qui était la principale source d’irrigation.

Certes quelques producteurs continuent encore à exporter à partir de ces zones mais l’âge d’or de ces terroirs traditionnellement exportatrices de pomme de terre semble révolu.

L’innovation commerciale

L’origine Maroc  en pomme de terre est restée prisonnière des systèmes d’emballage et de conditionnement avec des stations vétustes ayant raté la grande révolution des démarches qualité et par conséquent peu en mesure d’innover sur le plan du  conditionnement, du marketing pour garder un marché très exigeant et concurrentiel. L’export en sac de jute de 15 kg ou en big bag n’est pour valoriser notre pomme de terre primeur.

La logistique

Par le passé le tonnage de tomate exporté l’était exclusivement par voie maritime et provenait surtout de la région nord .Tomate et pomme de terre étaient chargés aux mêmes époques avec un impact positif sur le cout du transport.

La technicité

La pomme de terre de primeurs n’a pas bénéficié de l’apport en know-how équivalent à celui de la tomate études autres produits comme l’haricot-vert la fraise le poivron. Pour diverses raisons les promoteurs ont délaissé une filière difficile et dont la rentabilité à court et moyen terme n’est pas certaine. Les avancées en mécanisation en techniques de fertigation ont été très tardives et peu généralisées

CONCLUSION

Le redressement de nos exportations de pomme de terre à besoin d’un plan d’action spécifique à l’instar de ce qui a été réalisé pour d’autres filières d’exportation afin de pouvoir au moins récupérer nos marchés traditionnels car n’oublions pas que le Maroc ne réalise même pas 30% de ce que l’U.E. lui a concédé !

par Mohammed ZAHIDI

Share

Additional information