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Nouveaux types de serres et techniques de production adaptées

La majorité des producteurs exportateurs de tomates, sont conscients de la nécessité d’améliorer l’outil de production, à savoir l’abri serre, et d’opter pour des structures permettant de mieux contrôler les paramètres climatiques.
Le choix de l’installation nécessaire pour assurer le contrôle de ces paramètres reste à déterminer. Vers quel degré de sophistication doit–on aller en tenant compte des impératifs de coût et de rentabilité ? Cette seconde Agri-conférence tente d’y répondre.

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Vers une évolution de la culture sous serre

Dans le cadre de notre analyse du parc serricole marocain et ses possibilités d’évolution nous avons choisi de nous intéresser dans cet article aux 2 scénarios suivants :

Scénario n°1

Mode de culture traditionnel dans la région du Souss Massa Draa

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Laissons parler la météo…

La parole est à la météo…

Le 09 décembre 2009 à Agadir s’est tenue la 1ère Agriconferences : conférence internationale sur la tomate du Maroc. Le volet technique de la conférence a mis en évidence la grande défaillance de nos abris serre face aux aléas climatiques.

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Vers une évolution de la culture sous serre (2)

Dans le cadre de notre analyse du parc serricole marocain et ses possibilités d’évolution nous avons choisi de nous intéresser dans cet article aux 2 scénarios suivants :

Scénario n°1

Mode de culture traditionnel dans la région du Souss Massa Draa


Scénario n°2

Multi-chapelles avec couverture plastique, culture sur substrat, ventilation forcée*

*Nous pensons qu’il est trop tôt pour mettre en œuvre la ventilation forcée dont le coût risque d’être prohibitif. En effet, l’intérêt de la ventilation forcée n’est évident qu’en période estivale de forte chaleur ce qui ne concerne pas directement le cycle de production du Souss Massa. Un dispositif d’ombrage coulissant et automatisé nous parait largement suffisant pour assurer une bonne protection contre l’excès de chaleur.

Nous avions évoqué dans le précédent numéro, les points faibles des abris traditionnels (scénario 1) qu’on peut qualifier de serres passives et sur lesquelles aucune option de contrôle dynamique du climat n’était possible.

Dans ce type d’abri, la contrainte imposée par le risque mouche blanche a poussé les producteurs à installer des barrières Insect-proof en filet. Ceci a eu pour conséquence la réduction de l’aération à l’intérieur des serres. Une des solutions pour remédier à cet inconvénient a été d’augmenter le nombre d’ouvertures sur le faitage en vue de permettre une meilleure évacuation de l’air chaud. L’inconvénient de cette pratique a été de réduire la surface couverte par le plastique et donc d’exposer directement à la pluie une plus grande partie des plants.

Ce modèle avait certes l’avantage d’assurer une assez bonne protection contre les insectes et de faire office d’un bon brise-vent mais il protège très mal contre la pluie et le froid. Ce modèle a pu s’avérer être un assez bon outil de production durant les dernières années de sècheresse mais a montré ses limites notamment en matière de contrôle de l’humidité et des excès de températures dans les serres. En année très pluvieuse, ce modèle a généré de grosses pertes en production aussi bien qualitativement que quantitativement.


Le passage du scénario 1 au scénario 2 s’avère donc nécessaire pour maintenir la régularité de la production ainsi que la position de la Tomate du Maroc sur les marchés à l’export. Cette transition vers le scénario 2 va nécessiter les installations suivantes :

- Serre moderne de type multichapelle

- Culture sur substrat

- Ouvertures faitières automatisées

- Couverture plastique

- Ecran d’ombrage automatisé

Ce passage du scénario 1 au scénario 2 va permettre :

- Amélioration de la productivité de 40%

- Amélioration de la qualité

- Augmenter les densités de 2,5 plant/m² à 2,9 plants/m²

Avec un rajout de 15% d’extra-bras en semaine 3

- Amélioration de la transmission lumineuse de 10%

Meilleure fixation des plastiques
Moindre encrassement des plastiques de couverture

- Meilleure maitrise des risques en année pluvieuse

Cette transition vers un modèle plus sophistiqué nécessitera évidemment un investissement substantiel. Le comparatif financier ci-dessous, bien que sommaire, montre qu’en tenant compte des durées d’amortissement appropriées pour chaque scénario, l’investissement supplémentaire requis par le scénario 2 est largement couvert par les performances productives et donc économiques du modèle.

  Investissement

 

Structures

 

 

 

Hors sol Amortissement*

 

(y compris intérêts bancaires 6%)

Gain de production Gain en CA

 

(prix moyen

4 DH/Kg)

Scénario 1 500 000 DH   101 500 DH    
Scénario 2 1 500 000 DH 200 000 DH 240 000 DH 70 T 280 000 DH

*durée d’amortissement :

Scénario 1 : 7 ans / Scénario 2 : 10 ans

Scénarios

 

 

Production Brute au m² Pourcentage catégorie 1 Production Nette au m² Augmentation nette de la production
1 29 kg 60 % 17,5 kg  
2 33 kg 75 % 24,5 kg 40 %



 

 

 

Ce modèle a l’avantage d’être évolutif de sorte qu’on peut y adjoindre tous les équipements de contrôle poussé du climat (ventilation simple et forcée, cooling system, chauffage, injection CO²…).

Green Smile se tient à votre disposition pour vous accompagner dans votre démarche vers l’amélioration de votre outil de production.

Nouveaux types de serres et techniques de production adaptées

La majorité des producteurs exportateurs de tomates, sont conscients de la nécessité d’améliorer l’outil de production, à savoir l’abri serre, et d’opter pour des structures permettant de mieux contrôler les paramètres climatiques.
Le choix de l’installation nécessaire pour assurer le contrôle de ces paramètres reste à déterminer. Vers quel degré de sophistication doit–on aller en tenant compte des impératifs de coût et de rentabilité ? Cette seconde Agri-conférence tente d’y répondre.

La forte participation des producteurs (plus de 300) à cette seconde édition organisée par le cabinet GREEN SMILE avec le soutien de l’APEFEL , montre bien l’importance et la pertinence de cette réflexion. Ainsi, et pour permettre aux exposés d’être efficaces et pour mieux guider le choix des producteurs, les organisateurs avaient précédemment constitué un groupe de réflexion afin de réunir un ensemble de problématiques sur le fonctionnement et l’évolution possible de nos serres. Le déroulement des conférences développé en trois sessions, a permis d’aborder l’essentiel de la problématique.
Mohamed Zahidi, directeur associé de Green Smile a ouvert la conférence en rappelant l’importance de la réflexion engagée pour le développement de nos exportations. Soulignant l’importance du travail et la qualité des intervenants, il a souhaité aux opérateurs présents le plus grand profit de cette conférence.

Dans son introduction, M.Abderahmane Hillali, représentant le Ministère de l’Agriculture, a évoqué la place du secteur pour l’économie marocaine et rappelé les décisions importantes du ministère pour 2011 :
- soutien des projets en développement
- construction d’une usine de dessalement
- Agropole en cours de réalisation Lahoucine Aderdour, président de L’APEFEL, a lui aussi rappelé la nécessité de protéger nos exportation et aussi le rôle du Ministère de l’Agriculture dans la mise en place d’un soutien économique, orienté vers le renouvèlement de notre équipement en serre « la serre canarienne est aujourd’hui à ses limites, a souligné le président, et nous devons trouver de nouvelles solutions » Mohamed Ajana, Président de la séance, a également souligné la participation nécessaire du ministère dans le soutien au développement de la région et de celui de nos exportations pour l’économie marocaine : « devant un marché devenant de plus en plus exigeant, nous devons trouver des solutions qui permettent de le satisfaire ». Ainsi, devant la richesse des exposés et le nombre des intervenants, nous avons choisi d’aborder cette conférence en deux parties et permettre, avant d’entrer dans le détail des interventions dans notre prochain numéro, de découvrir les perceptions de quelques opérateurs présents à la conférence.

Samir Jbali- HortiSud

Je crois que chacun a pu constater l’intérêt d’une telle journée et que la perception de l’évolution nécessaire de la serre gagne en compréhension parmi tous les opérateurs.
Nous savons que les attentes sont importantes, notamment en matière de ventilation, actuellement plutôt passive alors qu’il faut la rendre active et permanente. Cela impose évidemment une modification de nos serres que permettrait l’amélioration des points suivants:
- Aération zénithale et latérale
- Meilleure lumière
- Equilibre climatique A savoir que la condensation gène la pénétration de la lumière et favorise l’humidité.
- volume d’air à la disposition de la culture
- angle idéal d’inclinaison de 25°- 27° au faitage. En ce qui concerne cet angle d’inclinaison, on arrive actuellement à 15 -17°, mais c’est insuffisant.
- Economie d’espace.
Il faut noter également qu’avec la multi-chapelle, on peut gagner jusqu’à 20% de l’espace disponible que l’on peut réserver pour augmenter le nombre de plants ou améliorer la mécanisation à l’intérieur de la serre.
J’ai entendu parler aussi de double paroi, ce qui me semble un faux débat. Le gain de température n’est possible qu’avec l’adjonction du chauffage, inenvisageable au Maroc.
Cela dit, on peut quand même améliorer la serre canarienne. Nous avons travaillé sur cette question depuis 2005, et réussi à maitriser une meilleure aération et inclinaison au faitage ainsi que l’occupation de l’espace. Une centaine d’hectare actuellement donnent de bons résultats.

Mohamed Ajana
Producteur (membre du conseil national APEFEL)

Je crois que nous avons abordé aujourd’hui, de vrais problèmes d’actualité et notamment l’évolution des structures de serre pour améliorer la production en qualité mais aussi en productivité. Et la plupart des producteurs en sont conscients. Nous sommes arrivés à une conclusion pratiquement générale sur la diminution des ressources en eau. Ce qui impose maintenant de trouver les structures de serre adaptées à ces nouvelles conditions. Il me semble que le ministère de l’agriculture devrait accompagner cette évolution qui me parait indispensable pour développer nos exportations.
Aujourd’hui, ce genre de réunions est une sorte de mise à niveau indispensable et surtout valable pour tous. On peut d’ailleurs regretter qu’il n’y ait pas actuellement, un véritable service à la production disponible en temps réel. Il y avait la SASMA qui s’est arrêtée comme tout le monde le sait au début des années 2000, alors que nous en avons encore davantage besoin à l’heure actuelle.
Le secret de la SASMA, c’était un financement organisé et prélevé sur la production, comme en France avec le CTIFL. Ce système existait à l’époque de l’OCE, et je crois qu’il faut remettre en place ce mode de financement permanent pour permettre un véritable service à la production. Mais cela dépend du Ministère de l’Agriculture.

Olivier D’Eaubonne – Richel

La société Richel, concepteur et producteur de serres depuis plus de 40 ans, est numéro 1 des serres en Europe et est présente dans 80 pays. Une présence sur pratiquement tout le pourtour méditerranéen, depuis plus de 25 ans, assure à l’entreprise une grande expérience des climats appropriés.
L’importance accordée au département Recherche et Développement, animé par une trentaine de personnes, a permis de nombreuses innovations dont le tube verni en 2008, qui résiste 2,5 fois plus longtemps à la corrosion qu’un tube d’acier classique, et la création en 2009, d’un tube ovalisé de 90 qui est 2,3 fois plus résistant que l’ovalisé 60.
A noter une présence permanente de Richel au Maroc grâce à un partenaire unique, le groupe CMGP, considéré aujourd’hui comme l’une des plus importantes sociétés d’irrigation au Maroc.
Olivier d’Eaubonne a rappelé par ailleurs quelques règles pour favoriser un meilleur climat à l’intérieur de la serre, à l’instar d’une amélioration du capital lumière et de la ventilation. Un volume conséquent au dessus de la végétation facilite les mouvements d’air, qui seraient renforcés par une disposition des lignes parallèles aux vents dominants. A noter également que le gain de températures en fonction de la hauteur de la serre, devient marginal audelà de 4 m.
Un autre point important concerne l’écoulement de la condensation, favorisée par une voute cintrée, ce qui permettra d’éviter le gouttage sur les plantes.

Eric Colcombet – Harnois

La société Harnois située près de Montréal est présente dans 45 pays. Notre objectif qui est de développer une commercialisation de serre sur l’Afrique du nord et le sud de l’Europe prévoit d’ailleurs l’ouverture d’un bureau à Agadir.
Pour nous, actuellement il s’agit davantage d’une approche économique que commerciale. Nous voulons d’abord apporter des éléments positifs de rentabilité. Il est vrai qu’il y a un niveau assez élevé de technologie qu’il faut appréhender.
C’est pour cette raison que nous sommes en train de recueillir des informations sur la situation au Maroc pour développer une offre parfaitement adaptée : structure de serre multi-chapelle avec double paroi : 11 m de largeur, 6 m de hauteur, sous faitage avec double ouvrant… J’ajouterai qu’à la grande question plusieurs fois posée aujourd’hui sur l’orientation d’une serre, la réponse est : perpendiculaire aux vents dominants, avec des cultures parallèles au vent comme l’a précisé Thierry Boulard (INRA France) dans son intervention.
Nous espérons que notre expérience sur des climats similaires, nous permettra d’apporter un plus dans l’évolution de la production sous serre au Maroc.

Thierry Boulard- INRA France

Mon intervention s’est orientée sur l’aération naturelle des serres qui est le mode de climatisation le plus sûr et le plus économique. Cependant, les filets insect-proof qui sont incontournables pour limiter l’intrusion des insectes et par conséquent l’usage des pesticides, génèrent une diminution de l’aération et une augmentation de l’humidité.
Ainsi, pour maximiser l’aération de la serre, il faut maximiser la surface d’ouvrants et favoriser l’entrée de l’air par les ouvrants du toit, ce qui conduit à favoriser la circulation de l’air à l’intérieur de la serre. S’il y a peu d’ouvrants en toiture, il faut éviter une trop longue course du vent à l’intérieur de la serre, mais surtout disposer les lignes de végétation parallèlement au vent dominant.
En ce qui concerne la hauteur de la serre et dans les mêmes conditions de vent, l’augmentation intérieur/ extérieur est de 3,5° pour 3 m, 2,5° pour 4 m, enfin 2° pour 5 m et peu d’intérêt pour des hauteurs supérieures.
Il faut ajouter à cela une réalité incontournable, mieux la culture fonctionne, mieux la température est supportable dans la serre.
En conclusion nous voici devant plusieurs points essentiels pour une bonne climatisation dans la serre :
- Maximiser l’aération
- Diminuer le rayonnement absorbé par la serre et la culture en général (blanchiment ou écran), diminuer le dégagement de chaleur sensible en augmentant la transpiration de la plante.
- Combiner toutes les techniques.
En conclusion, pour une bonne production, il faut avoir une bonne aération et des plants en bonne santé.

Khalid Saidi – Suncrops

Si l’on s’en tient à une vision à court terme, on pourrait dire que le type de serre que nous avons est largement suffisant pour atteindre des pics de productions de 25 kg/m2, c’est-à-dire 160t/ha, pouvant aller jusqu’à 200 t, voir même 250 t/ha.
On pourrait s’en satisfaire, mais je pense qu’il va falloir revoir nos cartes, notamment en ce qui concerne les écarts de productions et les éléments qui en découlent :
- Trop de produits sur le marché : baisse de prix
- Manque de produits sur un marché demandeur : perte de rentabilité L’objectif est donc de moderniser progressivement le parc de serres afin de pouvoir réguler la production et développer nos exportations.
Evidement, il va falloir trouver un appui économique, et il me semble qu’un premier schéma apparait pour permettre ce développement :
- Le producteur investit le montant d’une serre canarienne
- L’Etat engage une somme identique
- Le complément est apporté par un prêt bancaire à taux préférentiel.
Aujourd’hui, nous devons sérieusement considérer nos concurrents qui s’organisent et s’adaptent. Il arrive par exemple que les produits turcs soient plus avantageux que les nôtres au point de vue prix sur le marché russe. Pour rester compétitifs, nous allons devoir augmenter notre productivité par l’amélioration de nos modes de production. Agriculture du Maghreb n°50 Mars 2011 51

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